Associer cru, cuit et affiné
La charcuterie est une grande famille, et c'est justement sa diversité qu'il faut exploiter. On raisonne par catégories plutôt que par produits : une pièce crue et séchée (jambon sec, coppa, lonzo), une pièce cuite (jambon blanc à l'os, mortadelle, rôti froid), un produit affiné ou saucissonné (saucisson, chorizo, rosette). Chacune a sa texture, son niveau de sel et sa façon de fondre en bouche.
Ce jeu d'oppositions évite l'effet « trois saucissons ». Le cuit apporte de la douceur et de la tendreté, le cru séché une mâche plus longue et des arômes plus profonds, l'affiné du caractère et parfois un peu de piquant. On peut ajouter une terrine ou des rillettes pour la note fondante, à condition de ne pas en faire la base de la planche.
La découpe compte autant que le choix. Un jambon cru se tranche très fin, presque translucide, et se dépose en vagues souples plutôt qu'à plat. Un saucisson se coupe en biais, un peu plus épais pour qu'on sente sa texture. Les tranches empilées collent entre elles et se dessèchent : mieux vaut les répartir avec un peu d'air.
Ce qui accompagne bien
Les pickles sont les meilleurs alliés de la charcuterie : cornichons, petits oignons, légumes croquants marinés. Leur acidité coupe le gras et relance l'appétit. Un condiment bien choisi (moutarde à l'ancienne, confiture d'oignons, piment doux) permet de varier les bouchées sans rajouter de produit. Et le pain toasté apporte le croustillant qui manque aux tranches souples.
C'est exactement l'esprit de notre planche charcuterie : des produits soignés, servis à part, avec notre pain artisanal toasté à la commande pour garder le contraste de textures jusqu'à la dernière tranche.